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Blackwolf (4)
Aventure / Action
Tout Public
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Catégorie : Aventure / Action
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Lecture Zen
[ Chapitre : 1 - 2 - 3 - 4 ]
Résurrection


Deux hommes rentrent dans la grange. L'un deux s'approche de moi et crie :

— Max, viens vite, il y a un loup. Il est gravement blessé, mais pas encore mort. Penses-tu qu'il soit possible de le sauver ? 

L'autre homme qui est entré – sûrement Max – approche et dit :

— Jack, je ne sais pas s'il est possible de le sauver, mais on ne peut pas le laisser là.
 
Au même moment, mon tortionnaire arrive et déclare :

— Il est à moi ! Vous ne pouvez pas le prendre, il me sert à gagner ma vie.
— Vous n'avez pas honte d'avoir massacré cet animal ? Max, vas chercher le shérif !
— Attendez ! Prenez-le. De toute façon, il ne m'est plus utile : il va bientôt mourir.
— D'accord, nous le prenons. Mais cette fois-ci, nous ne vous laissons par tranquille car vous avez récidivé. La première fois, c'était un chien-loup ; quand nous l'avons sauvé, il allait se faire étouffer par un boxer qui ne pouvait pas le tuer. Mais ça, vous le savez.
— Oui. Et alors ? Je fais ce que je veux de mes animaux.
— Non, vous ne faites pas ce que vous voulez : il y a des règles à respecter.
 
Au même moment que Jack parle, le shérif arrive avec ses hommes. Ils embarquent les bourreaux et quelques spectateurs tandis que Jack et Max me chargent dans leur traîneau puis ils m'emmènent chez eux. Ils me soignent et me gardent en observation.

Il me faut un mois pour être de nouveau sur pattes ; mais avec tout ce que j'ai vécu, je suis devenu craintif et extrêmement dangereux. Par conséquent, je suis attaché dans leur cabane avec une chaîne. Max ne veut pas m'approcher car il me craint, mais Jack comprend que j'ai déjà été domestiqué car j'ai gardé sur la peau et le pelage des traces faites par les lanières des traîneaux. Il veut me sauver pour que je redevienne un animal calme ne présentant aucune menace pour les hommes et les chiens, mais ça ne vas sûrement pas être simple car j'ai été exploité pendant dix mois.

J'ai été remis sur pattes au bout de deux mois, ce qui fait que j'ai maintenant trois ans.

Étant de nouveau sur pattes, je m'attends à être battu. Du coup, je me soumets à Jack et Max ; ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent de moi. Me frapper ? Pas de problème : je me laisse faire.

Jack approche doucement sa main de ma tête, surveillant ma réaction, mais je ne réagis pas. Je le laisse faire, mais au fond de moi je suis terrorisé. J'ai envie de le mordre, mais je sais que je ne le dois pas, donc je ne bouge pas. Sa main finit par se poser sur ma tête et me gratte doucement, délicatement, comme pour pas me faire mal. Je dois avouer que ce contact délicat est plutôt agréable. Pour lui faciliter la tâche, je baisse un peu les oreilles et je finis même par remuer la queue.

Max, parti chasser, revient avec de petits animaux, des perdrix et des lapins entre autres. Voyant son fusil, je panique et commence à grogner ; Max et Jack prennent peur, et Max arme son fusil. Comme je suis toujours attaché, il m'est impossible de me sauver ou même de tenter une attaque contre Max.
Jack prend la parole :

— Max, je ne comprends pas : il était très calme et acceptait même le contact de ma main avant ton entrée ; même les jours précédents, il n'était pas aussi agressif.
— Jack, ce loup a dû devenir fou avec ce qu'il a vécu ; je suis vraiment désolé pour lui, mais le mieux qu'il y a à faire, c'est de l'achever.


Au même moment, il se prépare à tirer.

— Non. Je pense qu'il y a encore de l'espoir. Attends, pose ton fusil : il l'a suivi du regard quand tu l'as bougé pour viser.
— Mais tu es fou ! Je ne vais pas rester sans défense avec un animal fou dans la cabane.
— Max, fais ce que je te dis : ce loup est très intelligent, j'en suis sûr.
— Bon, puisque tu insistes...

Max pose doucement le fusil et avance lentement jusqu'à se retrouver à côté de Jack. Par conséquent, je me calme.

— Qu'est-ce que je t'avais dit, Max ? Regarde-le : il est de nouveau calme.
— Tu avais raison. Excuse-moi. Je n'aurais pas dû vouloir sa mort.
— Ce n'est pas à moi que tu dois t'excuser, mais à ce beau et gentil loup.
— Le loup, je te prie de bien vouloir m'excuser pour mon comportement envers toi.

Acceptant ses excuses, j'aimerais bien pouvoir lui dire, mais aussi leur dire comment je m'appelle. Malheureusement, je suis un loup et je ne suis donc pas capable d'exprimer ce que je voudrais leur dire « Ce n'est pas grave. Tes excuses, je les accepte ; tu ne pouvais pas savoir que j'avais juste peur de ton fusil. Je m'appelle Blackwolf. » Alors, pour lui faire comprendre qu'il peut me faire confiance et que j'accepte ses excuses, je m'incline puis m'approche tout doucement de lui, avant de me frotter contre sa jambe.

Max comprend qu'il n'a plus aucune raison de me craindre ; il pose sa main sur ma tête et commence à me caresser. Je le laisse faire.

— Tu ne crois pas, Jack, qu'on devrait lui trouver un nom à ce pauvre loup ?
— Oui, tu as raison. Mais lequel ?
— Je ne sais pas.
— Et pourquoi pas Blackwolf ? C'est un loup noir.
— Oui, c'est une bonne idée. Qu'en dis-tu ? Ça te plaît, Blackwolf ?

Je fis signe de la tête pour montrer mon approbation.
Jack reprend :

— Très bien. Désormais, nous t'appellerons Blackwolf, mais avant tout tu dois recevoir une vraie éducation, en douceur et sans violence car tu as déjà assez souffert comme ça ; en plus, ça ne sert à rien. À moins que tu ne préfères retourner vivre dans la nature ? Sache que tu es entièrement libre de ton choix : soit tu restes, soit tu pars. Si jamais tu décides de partir et que l'envie te prend de venir nous voir, sache que tu seras toujours le bienvenu chez nous.

En même temps qu'il me parle, il me détache. Une fois sa phrase finie, je me dirige lentement mais sûrement vers la porte. J'hésite à partir ; ce n'est pas par peur, mais je ne sais pas ce qui est le mieux pour moi : la liberté ou rester avec eux. À force de marcher, je me retrouve devant la porte ; il est temps pour moi de prendre une décision. Je jette un dernier regard dans leur direction. Jack est attristé de me voir partir.

Je commence à franchir la porte. Mon museau est déjà dehors ; je suis prêt à reprendre ma liberté. Je m'arrête, ne sachant que faire, et je réfléchis. J'ai peur de faire le mauvais choix. J'attends comme cela pendant plusieurs minutes. Il n'y a pas un bruit, personne ne bouge, personne n'ose troubler ce silence de mort. Je prends enfin ma décision : je reste. Et pour le leur faire comprendre, je vais me coucher aux pieds de Jack.

Jack et Max me caressent et me font des gratouilles ; ils sont heureux que je reste.




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