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Destins liés (1)
Mémoires
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Auteur :
Catégorie : Mémoires
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Lecture Zen
[ Chapitre : 1 - 2 ]
30 juillet 2016,

Mon nom est Antoine Tchoukinov, je suis né le 26 mai 1915 près de Volvograd, je dédie ces mémoires à ma femme partie trop tôt et à mon frère, Léonid. J'ai vécu beaucoup de chose durant ces 101 ans, la révolution d'octobre, le régime stalinien, les purges, les guerres, la chute du communisme et récemment, l'annexion de la Crimée. Mais ce que je vais raconter dans ce livre dépasse de tout points ce que votre imagination vous permet de visualiser... C'était en 1937, en hiver plus précisément, j'avais 23 ans et j'avais été récemment nommé commissaire des peuples à la sécurité intérieure. En bref mon supérieur me disait sur qui enquêter et je le faisais. J'étais un homme impartial, je croyais aux vertus du communisme mais avouait aussi qu'il avait des failles. Et les failles en questions n'étaient autre que les trotskistes, ils ne voulait que libéraliser notre patrie. Les ordres étaient clairs, ils devaient mourir...




Le froid mordant attaquait le visage du jeune homme emmitouflé dans un gros manteau de laine, il était plutôt jeune, assez athlétique. Brun, le teint foncé, il portait des lunettes rondes. Une porte s'ouvrit à la volée, Antoine se cacha dernière une caisse de bois et attendit que les individus se soient éloignés pour sortir de sa cachette. Il s'agissait d'un petit groupe d'homme à l'apparence riche, ils riaient de bon coeur et avançaient en direction de la vieille ville d'un pas rapide. Ces hommes étaient suspectés de corruption, c'était des notables venus dans la petite ville pour des affaires. Mais ce soir la, d'autres affaires les attendait. Antoine savait qu'ils se dirigeaient vers les quartiers les plus sombres de la ville, la bas ils y trouveraient de la compagnie pour une nuit.
Le commissaire fit sauter le cran de sûreté de son revolver et posa sa main sur son holster. Il marcha d'un pas décidé sur les traces du groupe qui avait disparu dans une petite ruelle. 


-Hé toi, donne moi ton flingue. Ne fais pas de conneries. 


La voix venait des flancs d'Antoine. Il ne bougea pas, baissa la tête et répondit sans même jeter un œil à ce qui se passait à sa gauche.


-Ce que tu fais est insensé. Vas t'en. 


L'homme se recula et soudain trois hommes apparurent devant le jeune commissaire des peuples. Deux n'était pas armés mais le troisième tenait fermement un long couteau. Antoine fut propulsé sur le côté par une violente charge de la part de l'un des bandits. Il tomba à la renverse dans la neige, et sentit l'homme charger à nouveau, il lui infligea un double coup de pied en plein thorax, le bandit eût le souffle coupé quelques secondes, suffisamment de temps pour qu'Antoine sorte son arme de service, un magnifique revolver modèle 1911 il le pointa en direction de son assaillant et murmura:


-Aucune pitié pour la lie du système. 


Il pressa froidement la détente de sa main gantée à deux reprises, une balle dans le coeur et l'autre dans la tête. Le voleur tomba sur une charrette et finit de se vider de son sang dans la neige blanche. Le second leva les mains en l'air et recula doucement. Antoine tira dans son poignet droit, l'homme fut saisi de douleur et s'enfuit en courant. 


-A nous deux salaud. Fit le commissaire à l'égard du bandit armé. Il rangea son arme et se jeta sur lui, esquiva aisément un coup de couteau et lui tordit le bras, le hors la loi fit tomber son arme au sol, Antoine lui infligea un direct en plein plexus solaire, son adversaire fut plié en deux, tchoukinov en profita pour lui mettre un coup de genoux en plein visage, il sortit son revolver et lui colla une balle en plein crâne. 


-voilà qui devrai te changer les idées fils de pute.  


Il continua sa course et se maudit d'avoir perdu autant de temps. Les traces dans la neige avaient été recouvertes et il avait perdu la trace du groupe d'homme riches sortis de la taverne quelques minutes plus tôt. 


**


Le soleil allait se coucher sur Stalingrad, Léonid se frottait les yeux, il avait passé le plus clair de la journée à chercher des réponses sur les plans, Léonid était un jeune ingénieur de 23 ans, responsable de l'une des plus grandes fabriques de chars de l'URSS. Chaque jours plusieurs dizaines de T34, ZIS30 et des milliers d'obus sortaient de ses manufactures, ils recevaient tous les lettres de distinction: LN, abréviation du prénom du directeur de l'usine d'où ils étaient produits, symboles de leur appartenance à l'usine Oulianov de Stalingrad. Léo travaillait depuis plusieurs jours sur un système fiable de communications cryptées entre les chars, les premiers T34 sortis quelques mois plus tôt avaient surpris la Wermacht et ses Panzer III sous armés. Mais l'armée allemande n'avait pas tardé à équiper ses chasseurs de chars STUG des derniers canons de 76mm. Ils étaient très vite devenus un menace pour les blindés soviétique, la communication entre les tanks était donc devenue une obligation pour ne pas tomber dans embuscades de la troisième Panzer-division et de son chef, le général Von Runsted, véritable génie de la guerre éclair. 
Des coups à la porte firent sortir le jeune homme de sa concentration.


-Camarade Léonid, un télégramme pour vous. Fis la voix derrière la porte. 


-J'ai autre chose à faire, revenez demain. Répondit sèchement l'ingénieur. 


-Je regrette de répliquer mais ca vient de Moscou camarade. 


-Envoyez les se faire foutre, je ne répondrai à leur foutus télégrammes que lorsqu'ils me fourniront de la main d'œuvre convenable et pas ces vermines condamnées à bosser pour moi jusqu'à l'épuisement. 


Les pas s'éloignèrent et Leonid continua l'étude de plans montrant le fonctionnement d'Énigma, la machine de cryptage britannique dont les secrets n'avaient pas été révélés aux politburo. Le jeune homme enleva ses lunettes rondes et d'une main envoya les cartes, livres et autres notes posés sur son bureau voler aux quatre vents. 


-Merde merde merde! Mais c'est impossible, des communications ne peuvent pas être cryptées avec cette simple machine... 


Cette fois ci la porte s'ouvrit brusquement, c'était Vladimir le chef de la garde de l'usine. Un homme imposant au visage orné d'une longue balafre, souvenir de la guerre de Finlande. 


-Un des prisonnier s'est évadé camarade, c'est le second cette semaine. Nous perdons de la main d'œuvre...


Leonid se leva et posa les mains sur son bureau debout il mesurait bien quinze centimètres de moins que le colosse mais il s'exprima à son égard avec une froideur hors du commun. 


-Mais qu'est ce que ça peut me foutre que tu ne sache pas faire correctement ton travail?! Si Moscou m'envoyait autre chose que des prisonniers "pour l'exemple" nous n'aurions pas ces problèmes à gérer! Alors maintenant trouvez seul une solution mais foutez moi la paix. 


Le militaire baissa les yeux un instant et répondit sur la défensive. 


-Les troupes allemandes se dirigent vers Moscou a une vitesse folle, ils y seront dans moins d'un mois. Le télégramme que vous avez si bêtement refusé stipulait que votre production de chars et d'obus devait doubler d'ici la fin du mois. 


-DOUBLER?! Mais nous ne parvenons qu'à peine à remplir les cotas actuels! Doubler la production signifierai livrer des chars à peine finis... 


-Nous pouvons demander d'avantage de main d'œuvre dans l'un des camps de rééducation politique les plus proche... Proposa l'homme. 


-Ce n'est pas au goulag que nous trouverons les mains agiles qui souderont les canons des chars et assembleront des obus pour la guerre. 


-Que proposez vous camarade Kalinev? 


-Près d'ici il y a un kolkhoze, il est en sureffectif, demain vous irez recruter quelques femmes pour la chaîne n°4. 
Et attention, je veux qu'elles vivent convenablement. Surtout si il ne s'agit pas de prisonnières. 


-Bien camarade. Le nécessaire sera fait. Fit le colosse. 


-Vous pouvez disposer Vladimir. 




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