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La meute (1)
Fantastique
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Auteur :
Catégorie : Fantastique
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Lecture Zen
[ Chapitre : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15 ]
Chapitre I : Le Nouveau né



     La sonnerie retentit et le son de la cloche électronique est vite couvert par les bruits de chaises et de trousses que l'on ferme. Il est 16h et c'est la fin des cours pour la majorité des élèves. Moi, c'est Alex. Je suis en Première Scientifique depuis plusieurs mois. Nous sommes en Novembre et les jours raccourcissent déjà… Avec le froid qui s'est installé, je ne vais pas traîner pour rentrer chez moi ! 

J'habite chez mes parents, à une demi-heure de marche du lycée. Je mets mes écouteurs et lance ma musique. Une musique intense, rythmée, qui me donne la motivation de braver encore un peu le froid. Malgré ma musique j'ai l'impression d'entendre des grognements un peu plus loin. J'enlève mes écouteurs et ce sont bien des grognements que j'entends ! Je pense que ça vient de la ruelle que je vais bientôt dépasser. Je regarde le reste de la rue : personne… C'est un peu inquiétant comme ambiance d'ailleurs… Je m'approche de la ruelle et ose pencher un peu la tête pour jeter un regard. Au fond de la ruelle, parmi les cartons et les bennes à ordures je vois une masse sombre et une queue de chien ou de loup, c'est sûrement un animal. Ça doit être lui qui pousse ces grognements. 

Je décide de m'approcher doucement. Alors que je suis arrivé à mi-distance, mon pied tape dans une canette qui traînait ! L'animal s'immobilise. Il sait que quelqu'un l'observe. Je vois alors l'animal se dresser lentement sur ses pattes arrières ! Il a la carrure d'un homme mais plus grand et plus musclé. Son visage est celui d'un loup et son corps est recouvert d'une épaisse fourrure noire. Maintenant qu'il est entièrement debout je vois aussi derrière lui la queue touffue qui complète le tableau présent devant moi… Nous nous fixons du regard : moi, tétanisé par la peur et lui, attendant sûrement une réaction de ma part. Les secondes s'écoulent lentement avant qu'un réflexe de survie ne fasse surface dans mon cerveau. Même si je me souviens vaguement que la rue derrière moi est déserte à cette heure, je me retourne d'un coup pour prendre la fuite, courir, essayer de trouver de l'aide. Mais je ne me fais pas d'illusions : je ne suis pas un grand sprinteur et un animal, quel qu'il soit, est généralement plus adapté à la course qu'un humain… Je cours donc pour sortir de la ruelle. Mais alors que je pose un pied dans la rue principale, je sens mon autre jambe agrippée avec force, suivi d'une vive douleur au mollet. J'en ai le souffle coupé ! Je tombe au sol, ma jambe gauche toujours maintenue en l'air par la créature. Je tente de me mettre sur le dos et je vois alors des crocs, plantés profondément dans ma chair, provoquant une brûlure qui se répand comme une langue de feu le long de ma jambe… La bête relève alors les yeux et cette fois, je vois de près ce regard jaune brillant qui m'avait figé sur place dans la ruelle. C'est la dernière chose que je vois ce jour là, puisque je perds conscience quelques secondes après…

Je me réveille en sursaut dans mon lit. Je suis tout tremblant et j'ai des sueurs… Je regarde tout autour de moi. Pas de doute j'ai du faire un cauchemar ! Mais c'était tellement réaliste : la ruelle, la créature, la peur, la morsure… Pris d'un doute je dégage rapidement mes draps pour constater que ma cuisse est intacte. Je pousse un soupir de soulagement. Je me lève et vais rejoindre mon père dans le salon pour prendre mon petit déjeuner. Quelques minutes après ma mère nous rejoint et me dit :

— C'était bien ta soirée chez Max ?
— Heu… Pourquoi tu dis ça ?
— Hier, tu m'as envoyé un message à 17h pour me dire que tu dormais chez Max. Tu ne te souviens pas ?
— Ah si ! Je m'en souviens maintenant ! Je pense que j'ai un peu trop forcé sur l'alcool parce que j'ai du mal à me souvenir de toute la soirée…
— Oui on a bien vu ça ! Quand le père d'un de tes amis t'as ramené tu dormais déjà ! Il a insisté pour te porter jusqu'à ta chambre tellement tu étais fatigué…
— Je le remercierais alors…

En réalité, je ne me souviens absolument pas d'une quelconque soirée et je suis même sûr qu'aucune n'était prévue hier soir. Ça voudrait dire que… Non, c'est pas possible ! Je me lève de table et retourne dans ma chambre. Je saisis mon téléphone et vois de légères traces de sang séché sur la moitié basse de l'écran : là où se situe le clavier… Je sens que la tête me tourne… Serait-ce possible que ce rêve n'en soit pas un ? Et si oui, comment expliquer que ma jambe n'ait aucune trace de la morsure ? Et qui est cet homme qui m'a a priori sauvé la vie et ramené chez moi comme si de rien n'était ? Trop de questions se bousculent dans ma tête et je dois m'appuyer sur mon bureau pour ne pas tomber. Mon père passe alors dans le couloir :

— Ça va ? me demande-t-il, inquiet.
— Pas trop… Je pense que j'ai encore une gueule de bois d'hier soir et j'ai peut être attrapé froid aussi… Je pense que je ne vais pas aller en cours aujourd'hui…
— D'accord je comprends. Repose toi bien. Mais la prochaine fois tu feras plus attention ! dit-il avec un sourire.

— Bonne journée à vous deux.

Quelques minutes plus tard, j'entends le gravier crisser sous les pneus des voitures de mes parents. Je suis enfin seul. Je ne suis pas vraiment malade mais je sens que mon corps réagit bizarrement. Comme s'il y avait quelque chose en moi que mon corps essaye de rejeter. Je sens soudain les muscles de mon dos qui bougent ! Mes os commencent à craquer et on dirait qu'ils s'allongent. Mon dos se courbe et mes jambes s'allongent à la manière des pattes d'un loup ! Qu'est ce qu'il m'arrive ? Mes doigts s'allongent également et se couvrent de poils ! En quelques dizaines de secondes c'est mon corps tout entier qui est couvert d'un épais pelage noir. Enfin, c'est mon visage qui se déforme : je sens ma mâchoire grandir et mon nez devenir un museau, mes dents deviennent des crocs et je sens mes canines s'allonger. Puis c'est le retour au calme. Je prends conscience de ce qu'il vient de m'arriver. Je suis maintenant le même genre de créature que celle qui m'a attaqué hier soir…

Je mesure plus de deux mètres, avec des muscles puissants et saillants. Je suis couvert de poils et mes mains ont maintenant des griffes. Je suis mi-homme mi-loup. Je calme doucement ma respiration et m'efforce de bouger avec le plus de lenteur possible, je ne veux pas risquer de tout renverser sur mon passage. Je sors donc doucement de ma chambre. Je marche jusqu'à mon salon, baissant la tête pour passer l'embrasure de la porte et je me vois enfin dans le grand miroir. Je remarque que contrairement à mon agresseur, mes yeux sont rouge. J'ai soudain un frisson qui me parcours l'échine. Mon flair me fait comprendre qu'il y a une biche à quelques centaines de mètres de chez moi ! J'habite en effet dans une résidence en bordure de forêt et il m'arrive souvent, lors de mes balades, de voir au loin des cerfs, des biches ou des lapins. Je suis surexcité par cette odeur de proie, mais je ne sais pas comment je vais sortir de chez moi… Sous cette forme c'est pas la peine d'essayer d'ouvrir la porte d'entrée… Je ne vois qu'une solution : la baie vitrée !

J'habite au deuxième étage et le salon a une baie vitrée. C'est de la folie mais l'appel du sang est plus fort ! Je prends de l'élan et saute à travers la vitre. J'atterris quatre mètres plus bas sur le gravier. Avec le verre, je me suis fait plusieurs entailles au bras. Je retire difficilement les éclats et je vois que je saigne légèrement. Mais… la plaie se referme doucement ! Je me soigne tout seul ! C'est sans doute pour ça que ma jambe était normale ce matin. J'ai du régénérer mes cellules pendant la nuit. 

Je me relève donc et fonce le plus vite possible vers la forêt, je veux rapidement être à l'abri des regards. Je sens désormais mes nouveaux muscles qui se mettent en action, me propulsant à toute vitesse vers l'endroit d'où émane l'odeur de ma proie. J'arrive en quelques minutes dans le sous bois. Je n'arrête pas ma course et avant même qu'elle n'ait pu me voir, j'avais déjà sauté à la gorge de la biche ! Je sens le sang chaud couler dans ma bouche. Mes crocs ont tout transpercé sur leur passage, tuant la bête sur le coup. Je me rend compte que je suis presque dans la même situation que la créature qui m'a attaqué hier… Il a du faire un effort extrême pour me raccompagner chez moi au lieu de m'achever et de me dévorer. Contrairement à lui, je m'empresse de déchirer de gros lambeaux de chair sur les flancs de la biche.

J'ai une faim incroyable, une faim de loup ! Je souris intérieurement à l'évocation de cette expression qui m'est venue naturellement… Je suis désormais une créature nouvelle et je vais devoir me méfier de mes nouvelles pulsions sanguinaires ! Une fois repus, je sens une grande fatigue m'envahir. Je ne m'inquiète pas plus que ça : je dois avoir dépensé beaucoup d'énergie lors de ma transformation. Je m'éloigne donc de la carcasse et m'assoupis entre deux rochers sur un tas de mousse.

Cette fois je me réveille en forêt et je sais que je n'ai pas rêvé. J'ai accepté ma nouvelle forme. Je vois que je suis redevenu humain. J'espère que dormir ne sera pas ma seule façon de quitter ma forme de loup… Mais bon, pour le moment, c'est une bonne nouvelle car je vais pouvoir rentrer chez moi et que je ne suis pas bloqué dans une forme ou l'autre. Je me lève donc et prends le chemin du retour. En marchant, je remarque aussi que mes habits sont restés intactes malgré la transformation. Je pense que ça doit faire partie du processus, que mes habits doivent être considérés au même titre que ma peau et doivent se fondre en moi pour donner mon pelage. Au moins ça s'annonce pratique ce côté là : ne pas être obligé de se retrouver nu après une transformation et ne pas devoir acheter des habits par dizaines… Au fil de mes pensées je regagne ma maison. Avec la clef cachée sous le paillasson j'ouvre la porte et décide de profiter de ma journée à la maison pour me détendre et commencer à réfléchir sur ce que va devenir ma vie. Il faudrait que je retrouve celui qui m'a mordu et lui demander de m'apprendre comment contrôler mes pulsions et mes métamorphoses. Je me demande aussi comment je vais faire au lycée demain… J'espère ne pas avoir de problèmes et rester discret.

— Mais ?… Qu'est-ce qu'il s'est passé ici ?
Ce sont mes parents qui sont rentrés. Il va falloir être convainquant…
— Vers midi des gosses jouaient au ballon en bas de la résidence. Le ballon a tapé une voiture et ça a déclenché l'alarme. Le proprio est descendu les engeuler et il a tiré dans le ballon, qui a atterri dans la baie vitrée…
— Je vois… Il est passé où le ballon ?
— Je… Je l'ai percé et je l'ai rejeté par la fenêtre…
— D'accord… Ça va encore nous coûter une fortune cette baie vitrée et on risque d'avoir de gros courant d'air cette nuit ! On va sortir des couvertures en plus ! Ça va mieux toi ?
— Oui c'est bon merci. J'ai pu me reposer cette après-midi et je retourne au lycée demain matin.

C'est bon ! Ils m'ont fait confiance. J'ai gagné un sursis du côté de mes parents. Je sens que ça va être un challenge quotidien de ne pas me faire démasquer… Lorsque nous allons nous coucher, mes parents s'enfouissent sous d'épaisses couvertures alors que moi, dans ma chambre je suis bien : ni trop chaud ni trop froid. Mon corps est plus chaud qu'avant donc je ne ressens pas le froid. Il va falloir que je fasse une liste de mes nouvelles aptitudes au fur et à mesure que je les découvre ! 




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