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La meute (8)
Fantastique
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Catégorie : Fantastique
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Lecture Zen
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Chapitre VIII : Chasser ou être chassé



 Je crois que c'est le moment de faire le point ! Ça fait six mois que j'ai été mordu. J'ai découvert qu'un monde surnaturel caché existe et j'en fais maintenant partie. Suite à ça, j'ai transformé mon meilleur ami puis un certain nombre d'autres humains. Nous sommes maintenant douze et nous sommes un vraie famille unie. Malgré les quelques galères que nous avons eu, nous nous en sommes sortis. On s'est organisé petit à petit : on a un territoire avec des frontières, Max et Raphaël sont tatoués à l'ébène, nous avons défini des zones de chasses, etc. Bref, on est au point maintenant je pense. Je ne vais pas agrandir plus ma meute parce qu'après ça pourrait devenir difficile à gérer… Emilie s'est bien intégrée même si ses apparitions au foyer sont vraiment exceptionnelles. Mais j'ai bien peur que nous ne soyons jamais tranquille… En effet, si la grande majorité des humains ignorent tout des créatures surnaturelles, certains sont pourtant très renseignés ! On les appelle les Traqueurs. Ils sont persuadés que notre existence est un danger pour l'espèce humaine… Ils ne posent pas de questions et ne laissent que des cadavres sur leur passage. Ils traquent et tuent toutes les créatures surnaturelles dont ils entendent parler. Il suffit d'une vidéo sur internet, d'un article sur un site et ils partent en chasse. Nous ne savons pas comment ils nous ont trouvé, ni depuis quand ils nous surveillent mais ils ont décidé de passer à l'action. Ils viennent de retirer une des bornes d'ébène et ont laissé un crâne de loup à la place… Cassandra dit que c'est leur signature : ils nous disent qu'ils sont là, pour qu'on sache que nous allons être traqués. Ils veulent nous mettre sous pression, nous pousser à l'erreur. Je décide alors de réunir la meute pour décider d'un plan d'action :


— On sait quoi sur eux ? demande Henri.
— Ils sont beaucoup plus entraînés que nous, répond Cassandra. Vous tuer, c'est leur métier… Imaginez une seconde que vous ayez à faire à l'armée ou à la police : ils seront effrayés, inexpérimentés et ils seront déstabilisés par votre guérison rapide. Les Traqueurs eux, n'ont pas ce problème là. Ils apprennent à connaître chaque espèce avant de les traquer. Ils savent parfaitement ce que vous êtes et ils ont du matériel adapté : des balles en argent, des grenades aveuglantes, etc. Ils connaissent tous vos points faibles… Votre seule chance est de vous unir et de faire preuve de stratégie. La force brute ne vous suffira pas cette fois.
— Donc on fait quoi ? demande Jaden.
— On peut les attaquer avant qu'ils nous attaquent, propose Max.
— C'est une bonne idée, dis-je. Je pense qu'ils s'attendent à ce qu'on s'enfuie ou qu'on leur tienne tête mais si c'est nous qui allons les chercher ils seront peut-être surpris. Je pense qu'on doit trouver où ils sont et leur tendre une embuscade sur la route. S'ils viennent en voiture jusqu'à la forêt on peut les attaquer quand ils sont encore dans les voitures ! Ils auront du mal à se défendre. Julien, tu es celui qui a le meilleur odorat d'entre nous. Si tu le veux bien, je t'accompagnerai en forêt cette après-midi et tu vas essayer de détecter leur odeur. Je suppose qu'ils ont fait des repérages en forêt et ça va nous permettre de remonter leur piste !
— D'accord allons-y, confirme-t-il.
— Et nous ? On fait quoi en vous attendant ? demande Thomas.
— Vous, tenez vous prêts à partir. Quand on revient, si on a trouvé leur trace, il faudra partir vite pour se positionner en embuscade.


Une fois sortis du foyer, Julien et moi nous transformons et nous élançons vers la forêt. Nous devons faire vite, rejoindre la zone où ils ont retiré la balise, en espérant que leur odeur sera reconnaissable et que Julien saura la tracer. Au bout d'une dizaine de minutes à toute vitesse, nous arrivons à destination. Avant de nous approcher du lieu je scrute les environs : on est jamais trop prudent… Mais je sais que je n'ai pas raison de m'inquiéter d'un piège, ce n'est pas leur style, ils préfèrent de loin le plaisir de la traque. Je vois Julien marcher doucement autour du crâne qu'ils ont laissé. Il prend de longues inspirations à la recherche d'une odeur particulière. Je vois qu'il se dirige dans une direction. D'un regard il me fait signe qu'il a trouvé ! Je le laisse alors me mener là où le guide son flair. J'ai moi aussi senti une légère odeur mais j'ai beaucoup plus de mal à suivre la trace… Nous progressons de plus en plus rapidement. Nous arrivons finalement à proximité d'un motel en bord de route ! C'est là qu'ils sont installés en attendant de nous attaquer. Je vois deux pick-up garés dans le parking à côté. On peut donc dire qu'ils sont au maximum une douzaine, comme nous. Il est temps d'informer les autres. Au lieu de revenir sur nos pas nous suivons la route qui longe le motel à la recherche d'un coin parfait pour une embuscade. Un kilomètre après le motel, la route passe dans un bosquet, c'est ce qu'il nous faut ! Nous nous dissimulons alors et redevenons humains.


— Je vais envoyer un message à Max pour lui dire où on est. On n'a plus qu'à attendre. Selon Cassandra, ils partiront quand le soleil se couchera, vers 19h.
— D'accord. Je me demande ce qu'ils auront comme arsenal…
— Sûrement du très lourd… Fusils d'assaut, grenades, etc… J'espère qu'il n'y aura pas trop de blessés et que ce ne sera pas trop grave. Malheureusement j'ai bien peur qu'on soit obligé de les tuer ! Nous ne pouvons pas les laisser repartir en vie. Ils sont déterminés à nous éliminer et rien ne les fera jamais changer d'avis. Si certains d'entre eux s'échappent ils rejoindront d'autres groupes comme le leur et ils reviendront plus nombreux… Ce soir, c'est eux ou nous.


Nous attendons donc que les dix autres Loups nous rejoignent. Ils arrivent, d'un bloc, vraiment comme une meute. Julien et moi reprenons notre forme animale. L'attente ne va plus être longue : le soleil descend sur l'horizon, le ciel est irisé, entre orange et rose. C'est beau. Nous sommes tous à contempler ce coucher de soleil, assis dans le bosquet. Mais des sons de moteurs nous sortent de nos pensées… Ils arrivent… Nous avons placé de petits rochers sur la route afin de les obliger à s'arrêter. C'est rudimentaire mais nous n'avons pas besoin de plus. Avec notre vue perçante nous voyons au loin les deux pick-up et la tension monte d'un cran. Nous nous couchons au sol avant qu'ils soient à notre niveau. Nous sommes dans la position idéale pour bondir sur la route à quelques mètres de nous. Comme prévu, les deux voitures freinent lorsqu'elles atteignent les rochers. Je me propulse alors en avant vers le convoi en même temps que mes Bêtas. Certains Traqueurs ont commencé à ouvrir les portières des voitures et nous en profitons pour les attraper et les sortir violemment des véhicules. Ils ont déjà leurs armes sur eux et les plus rapides commencent à ouvrir le feu ! Je vois Ben se faire blesser à la cuisse et Raphaël se faire blesser à l'épaule. Les autres ont l'air de plutôt bien s'en sortir malgré tout. Soudain j'entend un déclic qui nous glace la sang : une grenade ! Les Traqueurs se couchent au sol et une détonation retentit, suivie d'un hurlement qui fait vibrer l'air dans tout le bosquet. Jaden était le plus près de la grenade, à quelques mètres seulement et il est à tombé à terre, une partie du corps en sang. Passées les premières secondes de flottement, nous sommes envahis d'un rage immense. Ils doivent payer pour ce qu'ils ont fait ! Nous mobilisons alors toutes les forces qu'il nous reste pour tuer les Traqueurs encore en vie. J'en extirpe un du pick-up à côté de moi et lui assène de violentes entailles sur le torse et à la gorge. Je suis déchainé, comme lors de mon premier « appel du sang », je me rends compte que je l'ai presque tué sur le coup et que je m'acharne alors qu'il est déjà mort. Je regarde alors mes griffes ensanglantées et regarde autour de moi : mes Loups sont dans la même situation, tuant les Traqueurs qu'ils trouvent sur leur passage, ils n'ont plus aucune peur, plus d'hésitation, ils ont laissé l'animal prendre le dessus. Plus rien ne compte à part leur mort. Même les blessures qu'ils peuvent nous faire ne nous arrêtent plus. Je croise alors le regard de Max qui a les crocs profondément enfoncés dans l'épaule et la gorge d'un Traqueur. Son regard a gardé quelque chose d'humain mais son comportement est devenu instinctif. De même, Luc et Thomas, qui ont subit des coups de couteau mais continuent de faire des ravages à coup de griffes et de crocs. Il ne reste bientôt plus qu'un Traqueur en vie. Un jeune garçon, probablement embrigadé de force. Il est resté à l'arrière d'une des voitures. C'est Paul qui l'a vu et qui est venu me chercher pour me le montrer. Étant maintenant en sécurité, je redeviens humain et ordonne à Julien et Benoit de ramener Jaden au foyer et d'appeler Cassandra en urgence, qu'elle et sa mère fassent leur possible pour le sauver… Je me reconcentre alors sur le garçon :


— Laissez-moi ! J'ai une arme ! me dit-il en brandissant un couteau en argent.
— Tout va bien, nous ne te voulons pas de mal.

— Vous avez tué tout le monde ! Pourquoi vous ferais-je confiance ? Vous êtes des monstres, des animaux !
— C'est faux ! Nous les avons tué parce qu'ils ont décidé de nous traquer. Ce sont eux qui sont délibérément venus sur notre territoire, eux qui s'entraînent dans le but de traquer et tuer ceux de notre espèce, eux qui ont fabriqué des munitions en argent spécialement pour nous, eux qui se sont procuré des grenades, eux qui ont gravement blessé l'un des nôtres. Alors laisse moi te poser une question, qui sont les vrais monstres ?
— …
— Quel âge as-tu ?
— Dou… Douze ans…
— Et que fais-tu là ?
— Je suis venu avec mon oncle. Un Loup-garou a tué mon père il y a cinq ans et nous avons rejoint les Traqueurs pour nous venger.
— Attend ici, je reviens.


Je m'éloigne avec mes Loups. Nous devons prendre cette décision ensemble, même si c'est à moi que revient le choix final. Je leur propose de le laisser partir. Ce jeune est sans défense, il ne représente pas un danger et il n'était là que parce que son oncle l'a amené. Si nous parvenons à lui expliquer que nous ne sommes pas tous comme le Loup-garou qui a tué son père, il ne sera plus une menace. Un à un ils acquiescent, ils sont du même avis : tuer un homme armé est une chose, tuer un enfant innocent en est une autre… Je retourne voir le garçon.


— Nous te laissons la vie sauve. Mais avant, nous voulons être sûrs que tu comprennes que les Loup-garous se sont pas mauvais de nature. Les humains aussi commettent des meurtres ! Ce n'est pas pour autant que tous les humains ou tous les Loup-garous sont méchants. J'espère que tu comprendra ça plus tard. En attendant, nous allons te raccompagner jusqu'à la ville où habite ta famille.


Je laisse le soin de l'organisation aux Loups de ma meute qui n'ont pas été blessés. Moi je dois rentrer et prendre des nouvelles de Jaden… Je rentre en compagnie de Raphaël, Ben, Luc et Thomas qui sont aussi blessés. Ils ont des coupures au niveau des avant bras et un peu sur les flancs ou des plaies par balles. Ils ne cicatrisent pas… Comme nous l'avions supposé les Traqueurs ont utilisé de l'argent pour les lames des couteaux et les balles. C'est ce qui fait qu'ils vont avoir beaucoup de mal à guérir. Les blessures leur font une sensation de brûlure sur le chemin du retour. Nous sommes éreintés mais fiers d'avoir pu défendre notre territoire.


Nous arrivons au foyer au beau milieu de la nuit. Cassandra me fait entrer mais demande aux autres de patienter dans le salon en attendant qu'on finisse de s'occuper de Jaden. Sa mère est toujours en bas, dans la salle de soin, avec lui. Une fois la porte de la salle fermée je demande :


— Comment va-t-il ?
— Il est gravement blessé, me dit-elle. La grenade ne contenait presque pas d'explosif mais était remplie de poudre d'argent… C'est ce qui a causé la majeure partie des blessures : une partie de son flanc et de son dos a subi ce type de brûlure. Il est inconscient pour le moment donc j'en ai profité pour retirer autant de poudre que je pouvais. Il va lui falloir des bandages, des anti-biotiques et de la morphine, comme pour quelqu'un de normal. Il va mettre du temps.
— Si son état vital n'est pas en jeu c'est déjà pas mal ! On a tous eu sacrément peur quand on l'a vu allongé au sol… Maintenant si ce n'est pas trop vous demander, il faudrait aussi jeter un œil aux quatre autres blessés. C'est moins grave mais ils souffrent quand même… Deux d'entre eux ont pris des balles en argent et les deux autres ont été blessés par des couteaux en argent. Vous pouvez les soulager un peu en attendant qu'ils guérissent ?
— Bien sûr, je vais monter les voir. En attendant, tu devrais aller te reposer dans une des chambres du manoir. S'il se passe quelque chose de particulier je viendrais te prévenir.


Je vais donc prendre une douche pour enlever les traces de sang sur mon corps puis je vais m'allonger. Les chambres sont assez petites, juste un lit, un placard et un peu d'espace pour circuler. Mais c'est juste pour dépanner, pour dormir quelques heures au maximum donc on a pas besoin de plus. Je suis exténué et je m'endors rapidement. Je me réveille en sueur, dans ma forme animale ! Je suis toujours dans ma chambre mais elle n'est plus tout à fait dans le même état qu'à mon arrivée : les plumes du coussin sont éparpillées dans la chambre, le matelas est littéralement éventré et il y a même des traces de griffures sur le placard en bois… J'ai du faire un cauchemar et me transformer dans mon sommeil. C'est quand même plutôt inquiétant de se dire que je peux devenir violent sans en être conscient… Bon, je vais retourner au salon pour prendre des nouvelles de ma meute.




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