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La meute (9)
Fantastique
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Auteur :
Catégorie : Fantastique
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Lecture Zen
[ Chapitre : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15 ]
Chapitre IX : De nouveaux horizons



 Enfin on nous laisse tranquille ! Depuis l'épisode des Traqueurs, tout va bien. Jaden va un peu mieux maintenant. Son corps a mis trois semaines à refermer les plaies et encore une semaine à ressouder ses trois côtes cassées… Il a beaucoup souffert à cause du peu de poudre d'argent que la mère de Cassandra n'a pas pu retirer et qu'il a du éliminer par guérison. Les autres Loups ont également cicatrisés. Ils ont mis moins de temps que lui et ils sont en pleine forme maintenant ! A part Jaden qui a prétexté un accident de moto, nous avons tous passé notre bac de français et pour fêter nos bons résultats on est cinq à partir au Costa-Rica. C'est un pays avec des tas de paysages variés : en quelques kilomètres on passe de la mangrove à un genre de savane, en passant par des plages de sable fin et de la forêt tropicale ! C'est le rêve pour des jeunes étudiants comme nous. On peut se relaxer sur la plage ou découvrir les nouveaux paysages. Cassandra fait partie de l'expédition ainsi que Max, Julien, Thomas et moi.


Le premier jour, nous restons tous tranquillement à l'hôtel, passant de la piscine à la plage. On veut juste se reposer et profiter de l'été ! Le deuxième jour, Cassandra vient me voir : 


— Il faut que je te montre quelque chose. C'est à quelques minutes d'ici en voiture.
— D'accord, je vais prévenir les autres qu'on va faire un tour.


Nous partons dix minutes après, dans la petite voiture que nous avons loué pour la semaine. Je la laisse me guider, c'est elle qui conduit. Elle m'a juste dit que des créatures surnaturelles vivent ici et qu'elle veut me les montrer. Elle arrête la voiture sur le bord d'un chemin, à l'orée d'une forêt tropicale. Nous descendons du véhicule et progressons entre les arbres. Il fait sombre ici, les arbres denses masquent la lumière du soleil et malgré le fait qu'on est en milieu de matinée, on pourrait croire qu'on est en fin d'après-midi ! Partout autour de nous on voit des lianes, des cours d'eau ça et là, de la mousse au sol, des arbres au tronc complexe, quelques insectes volants et de jolies fleurs colorées et parfumées dont j'apprécie pleinement l'odeur grâce à mon nouvel odorat de loup. Je vois alors arriver vers nous quelques insectes qui attirent mon attention : ils sont plutôt gros, comme des colibris avec des ailes de libellule. Ils tournent autour de nous et semblent nous suivre. Cassandra n'a pas l'air inquiète et je lui demande :


— Tu sais ce que c'est comme créatures ?
— Moi je ne vois rien, dit-elle en regardant dans toutes les directions. Mais…ce sont sûrement des Dryas, le sont les amis du peuple que nous allons rencontrer. Si ce que j'ai lu est vrai, ce sont des éclaireurs : ils ne se montrent qu'aux créatures surnaturelles comme toi et peuvent avertir le peuple d'une quelconque menace. C'est pour ça que je ne les vois pas. Et là, ils sont sûrement en train de nous jauger pour savoir quel type de visiteurs on est.
— Et tu peux m'en dire plus sur ce peuple mystérieux ?
— Si ma mémoire est bonne, ils se nomment les Avanakï. C'est un petit peuple qui vit en harmonie avec la forêt. Ils sont très paisibles et reçoivent rarement de la visite. Ils seront donc sûrement curieux de notre venue. Je ne vais pas t'en dire plus pour le moment parce que je n'en sais pas plus : mes livres ont leur limite...


Le silence revient et je perçois pour la première fois un cour d'eau à une centaine de mètres devant nous. Je ne le vois pas encore mais je remarque autour de nous une végétation nouvelle : nous sommes entourés par des plantes aux couleurs variées, certaines sont duveteuses, d'autres luminescentes et certaines semblent se tendre vers nous à la manière des tournesols. D'un regard que j'échange avec Cassandra je comprends que nous sommes arrivés chez les Avanakï. Nous continuons d'avancer jusqu'à arriver au bord de la rivière. Sous nos yeux ébahis se trouve un tout petit village, peuplé par des créatures aussi intrigantes que magnifiques. Ce sont de petits humanoïdes, une morphologie semblable aux lutins des légendes d'Europe. Leur peau est grise et presque translucide, leurs oreilles sont fines et pointues et leurs yeux ont une couleur métallique ! Ils doivent mesurer soixante centimètres tout au plus, leur visage fin dégage un sentiment d'harmonie et de grâce que j'ai rarement vu chez des humains. Ils se sont tous tournés dans notre direction en nous voyant déboucher à l'entrée de leur village. L'un d'entre eux, avec une couronne de petites branches tressées, traverse le village pour venir vers nous.


< Bienvenus étrangers ! Je suis le chef de ce modeste village. Que nous vaut votre visite en ces lieux ? >


Je suis étonné d'entendre une voix aigüe résonner dans ma tête ! C'est une sonorité presque musicale, féérique. Je vois alors que Cassandra est aussi stupéfaite, signe qu'elle aussi a entendu la voix. Ce doit être une capacité que possède ce peuple. Ne pouvant faire de même, nous répondons oralement :


— Je suis une chaman et lui un Loup-garou, dit Cassandra. Nous sommes venu ici pour apprendre à connaître votre peuple. Nous venons d'un autre continent, très loin d'ici. Vous avez sûrement rencontré l'une de mes ancêtres.
< Oui, il y a maintenant quatre générations que nous avons vu pour la dernière fois une chaman. N'êtes-vous que deux à être venus de si loin ? >
— Non nous sommes plus nombreux, dis-je. Je suis venu accompagné d'une partie de ma meute. Ils sont trois et ne connaissent pas encore votre existence.
< Vous pouvez les faire venir si vous le souhaitez et si vous pensez qu'ils ne représentent pas un danger pour notre peuple. >
— Bien entendu ! Nous reviendrons avec eux demain en début de matinée.


Nous leur adressons donc un au revoir et nous rebroussons chemin. En montant en voiture, je demande :


— Comment savaient-ils quelle langue nous parlons ?
— Ce sont les Dryas, ils ont du nous entendre parler avant que nous arrivions et reconnaître la même langue que celle que parlait mon ancêtre.
— Je vois. J'ai hâte de revenir demain avec les autres pour leur faire découvrir ce petit village !
— Moi aussi !



Nous retrouvons Max, Julien et Thomas à l'hôtel et je leur explique ce que j'ai découvert aujourd'hui. Ils sont enthousiastes à l'idée de rencontrer une nouvelle espèce surnaturelle. Mais ils ne renoncent pas pour autant à faire la virée en ville que nous avons prévue ce soir ! Nous avons remarqué il y a quelques mois que l'alcool n'a pratiquement aucun effet sur nous grâce à notre corps qui élimine plus rapidement ce qu'il considère comme une « toxine » et nous comptons donc rester à faire la fête jusqu'à tard dans les rues de San José ! Allant de bar en bar, nous invitant dans certaines villas où la musique nous attire, nous rencontrons un nombre incroyable de personnes au cours de la soirée ! Chaque quartier abrite une population complètement différente : ceux de Amon et de Otoya sont peuplés de gens plutôt fortunés avec de grandes et vieilles bâtisses tandis que les quartiers de La California et de San Pedro sont plus fréquentés par des jeunes de notre genre.


Dans les environs d'une heure du matin, nous marchons tranquillement dans le quartier de San Pedro quand nous entendons un jeune homme qui appelle à l'aide ! Cela provient de la rue à notre gauche ! Nous nous en approchons rapidement et alors que nous entrons dans la ruelle sombre, un craquement sec fait cesser les appels à l'aide… Nous courrons donc vers l'endroit d'où venaient les cris et découvrons un jeune homme, étendu par terre, la nuque sauvagement brisée !


— Par là ! crie Thomas alors qu'une ombre s'enfuie à l'autre bout de la ruelle !


San José est une ville typique du Costa-Rica : à l'image de nombreuses villes d'Amérique latine, certains quartiers ont été construits de manière anarchique et de très nombreuses ruelles sillonnent entre les maisons. Nous nous lançons donc rapidement à la poursuite du mystérieux assassin. À une intersection, j'ai le temps de le voir à la lumière d'un lampadaire : il n'est pas humain ! Il va falloir qu'on se transforme si on veut avoir une chance de le rattraper… Je me métamorphose et mes loups font de même. Je vois que le fugitif a quitté le sol pour se déplacer de toits en toits ! Max et moi grimpons nous aussi sur les toits en prenant appui sur des bennes à ordures tandis que Thomas et Julien continuent au sol. Sous notre forme animale nous sommes plus rapides et plus agiles, ce qui nous permet de rapidement regagner du terrain sur notre adversaire. Alors que je ne suis plus qu'à quelques mètres derrière lui, je peux mieux l'observer : sa forme animale s'apparente à un alligator ! Sa tête est allongée pour former un puissante mâchoire, son corps semble, au moins en partie, recouvert d'écailles aux teintes vert-sombre et il possède une queue elle aussi couverte d'écailles. Ça y est, je suis suffisamment près de lui et je saute pour le plaquer au sol ! Il a du m'entendre venir car je suis balayé d'un violent coup de queue qui me fait chuter quatre mètres plus bas, dans la rue. Lorsque je me relève une douleur fulgurante me fait vaciller : j'ai plusieurs côtes cassées… Mais ce n'est pas le flanc qui a heurté le sol qui me fait souffrir mais plutôt celui qui a été percuté par la queue de notre proie ! Je marche alors en boitant doucement jusqu'à la petit place déserte en face de moi où mes loups ont finalement réussi à mettre au sol l'alligator. Même maîtrisé par trois loup-garous, il continue de se débattre puissamment ce qui rend la tâche difficile à mes compagnons. En arrivant à leur hauteur, je fais signe que je ne suis pas trop gravement blessé… Je m'accroupis devant le fuyard pour être à sa hauteur et redeviens humain pour communiquer. La transformation me fait affreusement souffrir mais je ne laisse rien paraître. Je pense même que je viens de refracturer ce qui était en train de se ressouder… Il se transforme à son tour : c'est un jeune, sûrement un dealer. Il a le crâne rasé, quelques piercings et des tatouages de gang. Un de ces tatouages retient mon attention. Il imite à la perfection la peau des crocodiles. Il s'étend de son épaule droite à son oreille droite en passant par la clavicule.


— Mais vous êtes qui putain ! dit-il sur un ton méchant.
— Des Loup-garous de l'ancien continent. On est ici pour les vacances, pour se reposer. Mais on est pas contre un petit changement de programme si ça se présente ! Je suis sûr qu'aucun de mes amis ici n'ont jamais goûté à de la viande d'alligator…
— Vous allez quand même pas… Sérieux ?! s'inquiète-t-il.


Mes loups sont restés sous leur forme animale et certains commencent à montrer les crocs et à se rapprocher pour renifler leur futur repas.


— Peut-être oui… Mais si tu nous racontais d'abord pourquoi tu as tué cet humain dans la ruelle tout à l'heure ? On pourrait peut-être changer d'avis…
— Ce gars là-bas ? C'était pas un humain. Promis ! C'était un Gator, comme moi. Il me devait du blé et il n'a pas payé. C'est comme ça ici, soit tu alignes les billets, soit c'est toi qui te fais aligner…
— Mouais… Pas très convainquant tout ça… Et y a d'autres choses que tu voudrais nous dire à propos de ton gang de Gators ? D'autres exécutions prévues ?
— Non rien n'est jamais prévu à l'avance.
— Apparement, il n'est pas très bavard notre reptile. Je pense qu'on en tirera rien de plus. Max, à toi l'honneur.


Max lâche alors sa prise sur le Gator et dénude sa jambe. Il ouvre grand la gueule et dépose ses crocs sur le mollet.


— Attendez ! Attendez ! Je vais vous en dire plus… Notre gang est très respecté par les autres cartels du pays. On nous emploie souvent pour éliminer des cibles mais on est prévenu que quelques jours avant, le temps de se rendre sur place. En général, les contrats ne nécessitent pas de discrétion et comme notre nature est plutôt violente, on en profite pour se faire de la pub gratuite si vous voyez ce que je veux dire… Ça y est ! Je me souviens ! Il y a bien quelque chose de prévu prochainement. On est cinq à être sur le même contrat. Ça va se passer dans trois jours, en forêt, à quelques kilomètres au Nord de la ville. Je sais juste qu'on doit tuer toute forme de vie sur place et que ce sont des créatures surnaturelles que nous allons éliminer. Je sais pas qui est à l'origine du contrat mais ça paye énormément alors vous pouvez être sûr que seuls les meilleurs du gang seront là pour remplir le contrat. Nous tenons à notre image. Le commanditaire nous donnera plus d'informations le jour même.
— Et ben voilà ! C'était pas si dur tu vois ? On va pas te bouffer. Pas ce soir… On te laisse partir à condition que tu restes bien tranquillement chez toi le jour où le contrat sera exécuté. Je te conseille d'obéir parce qu'on y sera et qu'on risque d'être moins sympa la prochaine fois.
— Promis j'y serais pas !


À peine nous relâchons notre prise sur lui qu'il se relève et déguerpis sans se retourner. Une fois qu'il a quitté la rue mes loups reprennent forme humaine et nous éclatons de rire :


— Il croyait sérieusement qu'on allait le dévorer ! s'esclaffa Julien.
— La tête qu'il a fait quand il a senti les crocs de Max ! ajoutais-je.
— Bon c'était bien drôle mais faudrait penser à rentrer les gars…
— Surtout que demain on a la rencontre avec les Avanakï !
— Oh non… Je viens de réaliser que… Quand il a parlé des créatures surnaturelles sur lesquelles il y a un contrat, il parlait des Avanakï ! Nous devons les prévenir et faire ce que nous pouvons pour les protéger. Je ne sais pas quelle capacité ils ont à se défendre mais quelque chose me dit que face à plusieurs Gators ils ne refuseront pas un peu d'aide. Il faut que j'en parle à Cassandra avant que nous allions les voir. J'ai pas envie qu'elle apprenne ça en même temps que les Avanakï.




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