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La meute (10)
Fantastique
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Catégorie : Fantastique
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Lecture Zen
[ Chapitre : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15 ]
Chapitre X : Protéger et servir



  Le lendemain le réveil est difficile pour nous quatre… Nous sommes fatigués de la poursuite de la veille, sans compter la soirée passée à arpenter les fêtes de la ville… C'est d'autant plus dur pour moi étant donné mes nombreuses fractures à ressouder et les tissus endommagés à reconstituer. Je raconte à Cassandra les évènements de la veille en précisant bien que l'attaque des Gators contre les Avanakï a été commanditée pour dans trois jours. Ce qui semble le plus l'inquiéter ce n'est pas le nombre ni l'origine de ces agresseurs mais plutôt l'identité du commanditaire. Qui pourrait bien en vouloir à ce peuple pacifique ? Et qui serait prêt à engager autant de tueurs pour un mission qui parait si aisée ? Les Avanakï ont peut-être des choses à nous révéler à ce sujet là…
Nous prenons donc la route jusqu'à l'orée de la forêt. Une fois les voitures garées et légèrement dissimulées, nous progressons dans les bois. Nous avançons plus rapidement que la fois précédente car nous avons de nombreuses questions à poser et que la situation n'est plus à la contemplation de la faune et de la flore qui se développe ici. Les Dryas ne semblent s'intéresser ni à Cassandra ni à moi mais observent de près les trois nouveaux visiteurs. Encore une vingtaine de minutes de marche et nous voilà à l'entrée du village :


< Nous vous souhaitons de nouveau la bienvenue, chers visiteurs ! nous dit le chef. > 
— Merci de nous accueillir, répond Cassandra. Cependant, j'ai peur qu'aujourd'hui nous soyons porteurs d'une mauvaise nouvelle…


Je remarque silencieusement que Cassandra semble adapter son vocabulaire lorsqu'elle s'adresse à ce peuple, c'est une habitude que je vais essayer d'adopter moi aussi. Thomas, Julien et Max sont un peu surpris d'entendre la voix du chef dans leur tête mais se rappellent vite des explications que nous leur avons donné en chemin. 


— Après avoir interrogé un jeune Gator en ville, nous avons appris qu'une attaque était commandité contre votre village pour dans trois jour, ajoutais-je. Celui que nous avons interrogé n'y participera pas. Ce qu'il fait qu'ils seront cinq à venir ici, entraînés et payés pour vous tuer. 


Un murmure d'inquiétude se répandit entre les habitants du petit village. Je comprends alors que même si seul le chef s'exprime, ils peuvent tous nous comprendre. 


— Nous ne savons pas pourquoi le commanditaire veut vous exterminer ni quelles sont vos possibilités pour vous défendre, continuais-je. C'est pourquoi nous sommes là, pour avoir des réponses et si possible vous venir en aide. 
< C'est noble de votre part, étrangers. C'est la première fois que notre peuple va subir un attaque de créatures surnaturelles. Certes les humains ont déjà exploré maintes fois cette forêt mais nos capacités télépathiques nous ont dissimulé à leur regard et les ont fait se détourner de notre village. C'est à ça que servent les Dryas : elle nous préviennent à l'avance de la présence d'intrus pour que nous puissions agir. J'ai malheureusement peur que nos pouvoirs soient inefficaces sur les Gators qui viendront. S'ils savent où se trouve le village, nous ne pourront pas les empêcher d'y parvenir... > 
— Et vous avez une idée des motivations que pourrait avoir le commanditaire ? 
< C'est difficile à dire... Rares sont les personnes au courant de l'existence de notre peuple. Et plus rares encore sont ceux qui sont encore vivant depuis les années. Et d'aussi loin que ma mémoire me le permet, il étaient tous aussi bien intentionnés que vous. > 
— Bon… Nous allons devoir nous battre. Si les meilleurs Gators du gang n'arrivent pas à exécuter ce contrat, vous aurez du temps avant que le commanditaire trouve quelqu'un qui accepte de tenter sa chance. Il nous reste deux journées complètes avant leur arrivée, nous allons vous aider à vous cacher et à évacuer le village.
< Nous vous en seront reconnaissant, merci. >


Immédiatement après, les Avanakï se mettent en mouvement. Ils entrent tous dans leurs maisons et d'après ceux qui ressortent en premier, quelques minutes plus tard, ils sont en train d'emballer le minimum nécessaire à emmener avec eux. Un regard avec mes loups et nous nous transformons pour aller les aider à transporter leurs bagages plus rapidement. Sous notre forme animale nous sommes vraiment beaucoup plus grands qu'eux et nous devons presque faire attention à où nous mettons les pieds ! Une fois tout le village prêt, nous nous mettons en mouvement et c'est un long cortège qui prend la route de la forêt pour plusieurs heures de marche. Je force le pas et rejoins leur chef à l'avant.



— Puis-je vous demander où nous rendons nous ?


< Nous allons rejoindre un ancien village de notre peuple. Cela fait plusieurs siècles qu'il est abandonné. Vous savez… Notre village n'était pas le seul autrefois. Nous peuplions tout ce que vous appelez l'Amérique centrale. Si ma mémoire est bonne les villages les plus au Sud vivaient ouvertement au milieu des humains qui vivaient là, les Aztèques et le Mayas. Quand les explorateurs de sont arrivés par les eaux, ils ont voulu commercer avec les humains. Mais lorsqu'ils ont aperçu mon peuple parmi eux, ils nous ont traités de « démons » et d'« enfant du diable », en menaçant de tous nous exterminer et de punir par la même occasion les humains qui nous traitaient comme leurs amis. Les Aztèques et les Mayas furent les premiers à tomber, leurs villes étaient visibles et sans défenses. Les explorateurs ont ensuite massacré de très nombreux villages Avanakï, les uns après les autres jusqu'à ce qu'il ne reste plus que nous, qui avions eu le temps d'apprendre à nous dissimuler ! C'est pour cette raison que nous restons à l'écart de toute civilisation. >
— Vous m'en voyez désolé, je répond. Vous pouvez avoir confiance : nous allons nous battre jusqu'à la fin pour arrêter ces Gators et protéger votre peuple. Nous ne les laisserons pas vous atteindre.
< Merci Alpha, merci beaucoup >


Nous arrivons quelques heures plus tard dans un village très semblable à celui que nous avons quitté, cependant je note qu'il est entouré de palissades de bois, sans doute une vaine tentative de se protéger des Conquistadors… Une fois posées les charges que nous transportons, je fais signe à mes loups de repartir. Il nous faut rentrer au premier village et nous reposer avant l'affrontement. Sur le chemin la tension monte entre nous. C'est notre troisième affrontement si l'on prend en compte le Mandraquien et les Traqueurs, mais jamais nous avions été face à des créatures surnaturelles entraînées à tuer et encore moins face à ce type d'animal puissant… Il va falloir tout donner et faire preuve d'agilité pour avoir le dessus. Nous savons aussi que les chances pour que nous sortions tous indemne sont minces… 


Il fait nuit et je parcours le village, une torche à la main pour m'approprier les lieux. Il est construit à la taille des Avanakï et n'offre donc pas de possibilités d'embuscade. Cependant, la rencontre du jeune Gator à San José hier a été instructive : il faut se méfier de leur queue ! Un coup balayant comme j'avais subit peut briser plusieurs côtes et peut-être même atteindre des organes vitaux… Le mieux serait de les amener à se battre dans les rues du village. Si nous ne pouvons avoir l'effet de surprise, autant réduire leur espace de manoeuvre.
Les jours passent, nous alternons entre repos et tours de garde. Nous avons gardé un lien avec les Avanakï grâce à Cassandra qui est restée là bas et qui nous informe par téléphone qu'ils se sont installés et qu'ils sont de nouveau prêts à se protéger d'éventuels randonneurs humains.


— Alex ! Réveilles-toi ! Ils arrivent !


C'est Julien qui vient de me réveiller. D'un bond je me relève et me transforme. Je flaire les environs mais il y a bien trop d'odeurs dans cette forêt pour que je les perçoive mais je sais que le flair de Julien est infaillible. Et puis c'est aujourd'hui qu'ils sont sensé arriver alors ce n'est pas une surprise. Je vois que Max et Thomas aussi sont sous leur forme animale et qu'ils se tiennent prêts.


— Ça y est je les sens ! dit Thomas.
— Moi aussi, je réponds. Ils se déplacent très vite ! Ils pensent avoir un effet de surprise sur les Avanakï. Je ne sais même pas s'ils ont remarqué notre odeur. Je pense plutôt qu'ils sont lancés ventre-à-terre sans se poser de questions.


Nous tenons prêts, les pattes arrières solidement ancrées, griffes plantées dans la terre. Nos muscles se tendent, nous sommes autant prêts à encaisser un assaut qu'à nous élancer pour une contre-attaque. A peine je commence à entendre le bruit des branches cassées par leur course que le premier apparaît : il est légèrement plus grand et plus large que le Gator que nous avons vu à San José. En nous voyant il semble s'interroger quelques instants mais ne ralentis pas son allure pour autant… Il choisis une cible parmi nous et se précipite sur Julien. A dix mètres de lui, il s'élance bras en avant pour le plaquer au thorax. Mais Julien à le temps de le voir venir et parviens à esquiver l'attaque et lacère au passage la queue de son adversaire.


A ce moment je sens une douleur dans mes épaules et suis projeté violemment sur plusieurs mètres ! Un autre Gator est là et a profité de mon manque de concentration pour m'attaquer. Il est toujours sur moi et nous glissons au sol. Il lève un bras pour me replanter ses griffes mais j'intercepte le mouvement et lui mord l'épaule jusqu'à sentir les os craquer sous mes puissantes mâchoires. Il pousse un hurlement grave mêlé d'un sifflement plaintif. Il se débat mais ne fait qu'agrandir les plaies causées par mes crocs, toujours profondément plantés. Maintenant c'est lui qui tente de me repousser et de se relever ! Mais je le retiens, voulant profiter de mon emprise et de sa blessure pour l'affaiblir un maximum. Je pourrais atteindre sa gorge et des artères en mordant plus vers la droite mais je ne veux pas prendre le risque de retirer mes crocs… Mon choix se révèle judicieux car je sens au fur et à mesure qu'il s'épuise et qu'il est proche de perdre connaissance sous l'action conjuguée de la douleur et de la perte de sang. Avec tout ce sang qui coule dans ma gueule, il faut que je me contrôle pour ne pas trop y prendre goût. J'espère que mes Loups feront pareil… Je repousse alors son corps sur le côté et me relève pour regarder autour de moi. Max est aux prises avec un Gator, Julien aussi mais il a déjà plus l'air d'avoir l'avantage. C'est alors que je vois Thomas, un genou au sol : un Gator est en train de l'étouffer lentement par derrière. Je profite qu'il soit concentré sur Thomas pour le saisir par la queue et le tirer vers l'arrière. Surpris, il lâche prise et recule de deux pas avant de résister et de lutter contre moi. Il tourne la tête dans ma direction avec un regard noir. Il ouvre sa gueule et pousse un grognement de rage. Il fait alors un mouvement de balayage avec la queue que je tiens fermement et malgré moi je suis emporté avec. A peine je ne touche plus le sol qu'il se retourne cette fois complètement et fonce sur moi, crocs et griffes en avant. Mon dos heurte le tronc d'un arbre — Encore ? J'ai vraiment un problème avec les arbres… — et je sais qu'il va me blesser, voir me tuer, dans les prochaines secondes…




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