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La meute (12)
Fantastique
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Catégorie : Fantastique
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Lecture Zen
[ Chapitre : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15 ]
Chapitre XII : Panamà



 Aujourd'hui nous partons. Notre plan est simple : aller jusqu'à Panamà, chercher un possible revendeur de produits surnaturels et se servir de lui pour remonter le réseau jusqu'au Lowen. Les chasseurs Avanakï ont préparé des fléchettes enduites de substance paralysante. Ça nous sera utile pour le capturer.


Ouais bon… Plus facile à dire qu'à faire… Surtout que même si on le rencontre, il ne sera certainement pas seul et sans défense !


Sur la route tout est plutôt monotone, les chasseur communiquent avec nous par la pensée. Mais ils nous posent peu de questions. Ils ne sont pas très bavards… Enfin, ça ce comprend, ils sont préoccupés par la protection de leur village. Cassandra essaye quand même de leur tirer quelques informations qu'elle note précieusement dans un calepin en attendant de pouvoir implémenter le Livre de Chaman qui se transmet dans sa famille de mère en fille.


Nous arrivons en fin de soirée, douze heures plus tard, dans la ville de Panamà. Nous allons adopter la même méthode qu'à San José, à savoir : se promener innocemment en ville la nuit et tenter de repérer un quelconque signe d'activité surnaturelle. Ça ne devrait pas prendre trop de temps vu la puissance du traffic surnaturel ici. Nous progressons donc dans les quartiers de Santa Anna et de la Calidonia. Il fait déjà sombre et les rues sont beaucoup moins peuplées qu'à San José. Il semblerait que nous soyons au bon endroit : si une population se retranche chez elle c'est sans aucun doute dû à des créatures surnaturelles. Un bruit nous parvient alors, mêlé à une odeur fétide. Nous avançons prudemment et arrivons devant une petite maison avec jardin. Les bruits ne sont vraiment pas normaux et nous décidons de jeter un oeil. Je me transforme en silence et je ma taille me permet alors de regarder par dessus la petite palissade. Sous mes yeux, une créature que j'arrive difficilement à identifier est en train de se nourrir d'une carcasse d'animal. La scène est sanglante et répugnante. Je redeviens humain et explique la situation :


— Il y a une créature surnaturelle derrière cette palissade. En plein festin on dirait ! Mais je saurais pas vous dire quelle espèce ni quel animal elle mange…
— On fait quoi du coup ?
— Je propose qu'on y aille et qu'on lui pose quelques questions à la façon Loup-Garou. Si elle est capable de se procurer une carcasse animale, elle doit être au minimum en contact avec le trafic local. Ça nous fera un début.


En deux temps trois mouvements, nous sommes tous sous forme animale et nous escaladons la palissade. Une fois dedans, nous sommes assez rapides pour encercler la créature avant qu'elle ne s'échappe… A moins qu'elle n'essaye pas de s'échapper… Eh bien oui, elle est bien trop occupé à étancher sa soif de sang qu'elle ne semble même pas nous avoir vu ! Max s'impatiente et l'attrape par les épaules pour la plaquer au sol. Elle est plutôt petite, pas plus grande qu'un humain. De près, je pense voir les traits d'une hyène. La créature reprend ses esprits immédiatement ! Apeurée par notre nombre, elle jappe et reprend rapidement forme humaine involontairement. C'est une jeune femme, au style un peu rebel et pas très féminin. J'en profite et fais de même pour pouvoir communiquer.


— Non non ne me tuez pas !! supplie-t-elle.
— On est pas là pour te tuer, pas forcément. Tu mangeais quoi tout à l'heure ? je demande.
— Ça ? C'est une Vache de Merigold. Si vous la voulez elle est à vous !
— Et où te l'es-tu procurée ?
— Ben chez Marcus ! Vous êtes pas du coin vous hein ?


Je ne prend pas le temps de répondre. Je veux maintenir le flot de questions en continu : 
— Dis-m'en plus sur Marcus. On le trouve où ? Il fournit quoi ? Et à qui ?
— D'accord d'accord mais demandez à votre brute de me lâcher !


Je fais signe à Max de retirer ses griffes de son torse.


— Marcus c'est un des grossistes de la ville pour les surnaturels comme nous. Il fournit toute sorte de marchandises pour des demandes particulières : de la nourriture en quantité ou d'origine surnaturelle également, des médicaments spéciaux pour certaines de nos maladies, etc. Il y a aussi tout un étal d'équivalent de médecine chinoise.
— Intéressant… Et on le trouve où ?


Étrangement elle se montre coopérante et nous indique sur une carte le chemin à suivre. Selon elle, des marchands comme Marcus connaissent les risques et doivent assurer leur propre protection. En tant que cliente, nous aider ou non ne lui fait aucune différence. On quitte le lieu quelques minutes plus tard. Direction chez Marcus. Elle nous a indiqué un marché, un genre de bazar, où Marcus tient boutique. Sa petite boutique de poissonnier sert à donner le change, mais sous son étale il a une trappe et une cave dans laquelle il entrepose tous ses produits de contrebande.


Une fois sur place on entre en contact, il nous traite comme de simples clients, par habitude :


— Que puis-je pour vous messieurs ? Regardez moi ces thons et ces dorades ! Frais de ce matin !
— Oui… Mais on cherche quelque chose de plus… Exotique… De quoi rassasier une meute de "loups"…
— Ohh… Je vois… Suivez-moi, nous dit-il en baissant le store de son magasin.


Il pousse nonchalamment le bric-à-brac qui encombre le passage et ouvre une large trappe qui mène au sous-sol. Il s'y enfonce en premier et allume la lumière. Nous descendons alors les uns après les autres en refermant la trappe derrière nous. L'endroit est bien plus grand que ce que je pensais ! Il dépasse largement les dimensions du magasin au dessus !



— C'est un vrai supermarché que vous avez là !
— Oh c'est bien le minimum quand on voit le flot de non-humains qui circule par ici… Que faites-vous ici d'ailleurs ? Tourisme ? Affaires ? Famille ?
— On est là pour visiter, réponds Thomas. Et si possible rencontrer d'autres non-humains, on est curieux de découvrir d'autres espèces que la notre !
— Ah ça ! C'est pas c'qui manque ici ! Alors de quoi avez-vous besoin exactement ?
— Je pense qu'on va jeter un oeil et on vous dira quand on aura trouvé notre bonheur, lui dis-je.
— Bien sûr. Je remonte à ma boutique. Toquez sur la trappe quand vous voudrez que je redescende, dit-il en disparaissant à l'étage. 


On se disperse à travers les rayons de ce magasin pour le moins atypique. Je vois de-ci de-là des herbes aromatiques aux formes biscornues, des ingrédients de médecine traditionnelle, des aliments plus ou moins douteux comme des scorpions séchés, des algues en bocal, etc. Il y a même une section avec de petits animaux en cages (lapins, souris, etc..) sûrement à destination de créatures reptiliennes ! 
Je cherche un plan pour amener Marcus à nous donner des informations sur l'homme que nous cherchons. Celui qui est à la tête du traffic du Panamà…


Le menacer ? Oui mais comment ? Aucun moyen de pression… Peut-être plus simplement… oui c'est ça ! Je remonte les escalier et donne quelques coups sur la trappe. Quelques minutes après, elle s'ouvre, laissant redescendre Marcus.


— Alors ? Vous avez trouvé votre bonheur ?
— Non malheureusement… On va devoir se contenter de nourriture humaine pour le moment. Rien ne nous faisais trop envie… Par contre je me suis posé une question, comment vous vous faites pour vous procurer votre stock ? J'imagine que tout ne vient pas de Panamà, si ?
— Tout juste ! On profite des livraisons par bateau pour se faire livrer les marchandises.
— "On" ? Qui d'autre est sur le marché du non-humain ?
— Ben y a Jean Rivenar et Paul-le-Boiteux qui ont comme moi leur boutique dans d'autres coin de la ville et celui qui nous approvisionne c'est Le Seigneur. Il dirige tout le trafique de marchandises (plus ou moins légales) non-humaines. Ça va des plantes médicinales à la nourriture vivante en passant pas les esclaves, etc.


A ce moment j'hésite… Je sens la même tension chez mes loups : dois-je poser des questions sur Le Seigneur et paraître louche ou ne rien dire et risquer de louper une occasion d'avoir des informations ? Max me devance dans ma réflexion :


— Et vous savez s'il recrute des hommes de main ? demande-t-il. Par ce qu'on commence à être limite niveau argent sur le voyage…
— Lui je ne sais pas mais moi j'aurais bien besoin de vos service pendant quelques heures demain ! Attention je ne paye pas des fortunes mais suffisamment j'espère pour vous aider, répond-t-il.
— Dites m'en plus… lui dis-je d'un air intéressé.
— Je vous parlais à l'instant du Seigneur, qui contrôle les imports de marchandise. Et bien il se trouve qu'il prend une grosse part de nos bénéfices, dans les 25% ! Et il se trouve aussi que j'ai rendez-vous avec lui demain, dans l'espoir de renégocier à la baisse cette taxe. Et si vous m'accompagnez, quatre loups comme vous pourriez me donner plus de crédibilité et de prestance.
— Vous voulez qu'on soit vos gardes du corps ?
— Oui en quelque sortes… Je vous propose 450 Balboas * pour la journée. Ça vous intéresse ?
— On va y réfléchir et je reviens vous dire ça d'ici ce soir.


Nous sortons de la boutiques avec un encas généreusement offert par Marcus au passage, en guise de bonne foi. Je dit à mes loups qu'il faut rapidement retourner à l'hôtel où Cassandra et les Avanakïs nous attendent. Nous devons discuter rapidement de la suite des évènements et décider d'un plan.


Une fois arrivé sur place, nous faisons un rapide compte rendu de la situation et je propose une idée :


— On accepte l'offre de Marcus, on en profite pour s'introduire chez Le Seigneur. On passe les contrôles et une fois dans son bureau on se transforme pour neutraliser les gardes s'il y en a. Le problème c'est pour emmener les Avanakïs avec nous sans que personne ne les remarque... Vu leur taille et leur poids on pourrait les dissimuler dans des sac à dos mais ils vont pas nous laisser entrer sans fouiller les sacs... A moins que...


Je regarde les Avanakïs et leur demande s'ils peuvent faire en sorte d'être invisible. Dans la seconde qui suit il n'y a plus trace d'eux sur le lit où ils étaient assis ! Même le dessus de lit est complètement lisse, comme si aucun poids n'appuyait dessus. C'est vraiment stupéfiant !


<< Pour nous dissimuler nous agissons directement sur l'esprit des personnes qui nous entourent. Techniquement nous somme toujours bien visibles mais nous envoyons une image différente à votre cerveau, qui remplace la réalité. >>
— Génial ! Vous passerez inaperçus même si on se fait fouiller !
<< Précisément. >>


Bon c'est pas le meilleur plan mais c'est le seul qu'on ait… Je regarde mes loups, Cassandra et les Avanakïs. Ils ont placé leur confiance en moi mais connaissent les risques. Ils savent qu'on ne peut pas tout prévoir et qu'il faudrait un coup de chance pour que tout fonctionne. Mais ils m'ont l'air déterminés à aller jusqu'au bout. Coûte que coûte.




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