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le voyageur (1)
Fantastique
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Catégorie : Fantastique
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3pts
Lecture Zen
[ Chapitre : 1 - 2 ]
Je viens d'une planète différente de la vôtre, celle du trente-cinquième siècle. Mon soleil est maintenant une géante rouge que nos scientifiques ont réussi à contenir afin de nous laisser le temps de partir en exode sur d'autres planètes.

Je suis parmi vous depuis le dix-septième siècle. J'ai vu la naissance de l'empire ottoman et vécu la colonisation du Canada par les Français puis par les Anglo-saxons. En Europe, j'ai fait la guerre à Constantinople qui fut ma porte d'entrée dans votre monde, la ville dans laquelle je peux me reposer sans être en danger. Depuis que je suis ici, je n'ai pas encore trouvé ma porte de sortie, en espérant la trouver un jour, bien que je me plaise dans votre monde.

Je ne suis pas immortel, j'ai juste un système immunitaire plus performant que le vôtre ; je ne suis jamais malade et même si je suis blessé, mon corps cicatrise très vite, ne laissant aucune marque. Cela est dû à la science,
c'était nécessaire pour voyager. Je peux aussi avoir des enfants, ce qui s'avérera utile compte tenu du temps que vais passer ici.

Si je suis parmi vous, c'est pour trouver une planète habitable dans votre galaxie, la mienne étant déjà largement découverte et peuplée d'individus tous aussiétranges les uns que les autres. Enfin c'est ce qui était prévu.

Je ne suis pas un conquérant, mon peuple a passé cette folie depuis le vingt-deuxième siècle pour nous consacrer à la science, en particulier la physique quantique, la biologie humaine, la mécanique, l'ingénierie et l'électronique.

Sur ce monde qui est le vôtre, cela vient à peine de commencer avec vos smartphones et vos
tablettes. Il m'a fallu quatre siècles pour avoir accès au réseau qui n'est pas très fiable, mais il n'était pas prévu que je sois ici en 1605, j'ai donc consacré tout ce temps à la recherche de ma porte.

Quand j'ai commencé mes recherches, il m'a fallu voyager dans le monde à pieds ou à
cheval. Ayant visité toutes les capitales et autre lieux plus ou moins historiques, voire séculaires pour certains, j'ai parcouru l'Europe, l'Amérique du Nord et du Sud, l'Afrique toute entière puis le Moyen-Orient jusqu'à la Chine, l'Asie et les îles du Pacifique. Il fallait bien que je me rende à l'évidence : je ne trouvais pas ma porte.

Ici commence mon histoire parmi vous en tant que voyageur.

En 1605, je suis arrivé à Constantinople. Il m'a fallu deux jours pour comprendre qu'aucun système intégré ne marchait, sauf la bibliothèque qui m'avais permi de voyager dans votre monde.

Pendant cinq ans, j'ai parcouru la ville à la recherche de ma porte de sortie mais je n'ai rien trouvé.  Je l'ai ensuite cherchée dans ce nouvel empire sans rencontrer plus de chance.

Alors, vers 1630, je suis parti vers l'ouest, c'est-à-dire l'Europe, que j'ai parcouru sans être plus heureux. Je suis descendu en Italie, ai pris le bateau pour le sud de la France puis, à partir de là, je suis descendu, toujours en bateau, vers

l'Espagne, mais je n'ai toujours rien trouvé.

Ainsi, entre les années 1650/1660, je suis parti vers l'Amérique du Sud afin de chercher ma
porte dans le pays inca, avec ses différentes capitales, mais aussi le pays maya. Je me suis enrichi pour pouvoir continuer mes recherches. En 1720, je suis revenu en Europe sans réellement m'établir mais j'achetais tout de même une maison dans le comté de Savoie.

En 1723, je suis parti, cette fois-ci vers l'est. J'ai traversé le levant (le Liban actuel) puis, toujours vers l'est, en descendant vers la Syrie, la Mésopotamie, poussant toujours plus à l'est, jusqu'au pays mongole et l'empire du milieu. Mais là non plus, pas de porte, même au pays du soleil levant.

J'ai franchi le Pacifique entre l'an 1795 et l'an 1800 et suis passé par le Mexique avant de
revenir en Californie. Là-bas, j'ai profité de la ruée vers l'or puis j'ai repris ma route vers l'Alaska et de nouveau l'Amérique. Ceci durera pendant presque un siècle, à chercher dans tous les état naissants. Puis, arrivé à New-York, j'ai pris le bateau pour retourner chez moi, mais toujours pas de
porte. J'ai commencé à croire que cette porte n'existait pas ou que mon monde avait disparu et, par conséquent, j'aurais beau chercher encore et encore,  je ne la trouverai pas puisqu'elle n'existerait pas. Toutefois, je gardais espoir car il me restait encore un continent, il me fallait donc y aller.

Ainsi, vers 1910, j'ai pris le bateau pour le Maroc et ai entamé mes recherches dans le
Maghreb, puis en Afrique équatoriale en descendant vers l'Afrique du sud. J'ai fait la première guerre mondiale en Afrique du côté anglais et, quand celle-ci s'est terminée, j'ai repris mon voyage avant que la deuxième n'arrive.

Je suis rentré à Istanbul pour m'assurer que ma porte était en sécurité et j'ai pris
l'avion pour New-York afin de fuir la guerre. En effet, les États-Unis étaient initialement neutres mais chacun sait ce qu'il s'est passé. Je me suis alors engagé dans la marine canadienne pour faire face à la barbarie mais je n'ai jamais participé au combat, et ce jusqu'à la fin de la guerre. Quand ce fut
terminé, l'Europe était en ruine.

Me voici alors en 1945, devant la maison qui abrite ma porte. J'ai rendez-vous avec le
fils du propriétaire qui veut la vendre pour partir en Amérique. N'ayant aucun problème pour payer, nous faisons affaire. C'est à partir de là que ma vie va changer. Grâce aux découvertes dans les années suivantes, l'Amérique et la Russie se lancent à la conquête de la Lune puis d'autres planètes, mais tous s'arrête en 2005 et ils n'envoient plus que des sondes.

Aujourd'hui, en 2016, j'ai trouvé ma porte, enfin pas vraiment. Je l'ai construite mais je ne peux pas la franchir parce qu'elle est trop petite et pas assez puissante.
Je peux faire passer des boîtes dans une certaine matière avec des messages à l'intérieur, mais pas de réponse. J'ai trafiqué une caméra portative à laquelle j'ai relié un câble. Quand les images sont apparues sur l'écran, j'ai de suite compris que je ne renterai plus jamais sur ma planète : elle se meurt. Je ne sais même pas si mon peuple a survécu ou si je suis le dernier de ma race,
celle des voyageurs.




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